Procès de Charles Lassonde : le jury commence ses délibérations
Le juge Claude Villeneuve a présenté au jury quatre verdicts potentiels pour sceller le sort de Charles Lassonde, accusé du meurtre prémédité de Serge Boutin. Les 12 jurés sont maintenant coupés du monde extérieur et ne sortiront que lorsqu’ils s’entendront sur un verdict unanime. L'accusé peut être acquitté, coupable de meurtre au premier degré, de meurtre au deuxième degré ou coupable d'homicide involontaire coupable. Votre responsabilité est lourde et ne doit pas être prise à la légère Le magistrat a d’abord rappelé quelques principes fondamentaux : c’est la Couronne qui a le fardeau de prouver la culpabilité de l’accusé, ce qui doit être fait hors de tout doute raisonnable. Il a aussi résumé les deux versions des évènements du 7 juillet 2021 présentées durant le procès. Charles Lassonde soutient qu’il a suivi sa conjointe de l’époque Lana Dubois dans la funeste épopée qui les a menés dans une carrière désaffectée de Danville. Il pensait seulement faire peur à Serge Boutin pour lui faire avouer Lana Dubois a pour sa part raconté que Charles Lassonde aurait battu Serge Boutin une fois à la clairière. Il aurait attaché la victime et l’aurait enterrée vivante pendant qu’elle filmait une partie de la scène. Durant le procès, plusieurs témoins ont raconté avoir vu Charles Lassonde donner quelques coups de bâton télescopique à Serge Boutin lorsqu’ils sont tous à l’arrière d’un logement sur la rue Fréchette, à Val-des-Sources. Le trio se serait ensuite mis en route vers Danville. Pour en arriver à un verdict unanime, le jury devra se poser différentes questions indiquées dans un arbre décisionnel présenté par le juge. Ils devront par exemple s’entendre si Charles Lassonde a commis un acte illégal, si cet acte était dangereux et s’il a causé la mort de Serge Boutin. S’ils ont un doute raisonnable ou répondent par la négative, ils peuvent conclure que l’accusé est non coupable ou coupable d’homicide involontaire coupable. Si le jury pense au contraire que le meurtre de Serge Boutin était prémédité par Lassonde, ou s’il a été commis dans le cadre d’un enlèvement et/ou d’une séquestration, ils pourraient le déclarer coupable de meurtre au premier degré. L’accusé pourrait être coupable de meurtre non prémédité. Chaque matin, les membres du jury se rendront au palais de justice pour délibérer. S’ils ne parviennent pas à s’entendre, ils retourneront à l’hôtel et poursuivront leurs délibérations le lendemain. Durant ce temps, ils n’auront pas accès à leurs téléphones.On est rendus au cœur du procès
, a expliqué d’emblée le juge Claude Villeneuve juste avant de lire ses 133 pages de directives, mardi. Il a rappelé aux membres du jury qu’ils devaient en arriver à un verdict unanime en se basant sur l’ensemble de la preuve
.Il est important de retenir que vous ne pouvez pas simplement comparer deux versions contradictoires et choisir celle qui vous paraît la plus convaincante
, a-t-il spécifié.qu’il avait "crossé" tout le monde
. Il aurait lancé quelques pelletées de terre sur la victime allongée au sol. Selon lui, ce serait Lana Dubois qui aurait pris une roche et tué la victime en lui lançant au visage. Paniqué, il l’aurait ensuite aidé à enterrer le corps.Différents verdicts
Si vous concluez que Charles Lassonde n’a pas commis un meurtre, mais qu’il a tout de même commis un acte illégal dangereux qui a causé la mort de Serge Boutin, vous devrez le déclarer coupable d’homicide involontaire coupable
, a indiqué le juge.Pour le verdict d’homicide involontaire, entre autres choses, le juge va plus regarder le projet commun. Si deux personnes s’embarquent dans une aventure comme on l’a entendu, le jury va devoir se poser la question si c’était probable, selon une personne raisonnable, que ça dégénère à un point comme ça
, a spécifié la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Stéphanie Landry.Le meurtre au premier degré peut se prouver de deux façons
, a expliqué Me Landry. Soit la façon plus traditionnelle avec préméditation et propos délibéré, c’est ce qu’on entend la plupart du temps, mais également par assimilation, c’est lorsqu’il est commis au cours d’un acte où il y a domination
, explique-t-elle.Ici la théorie de la poursuite c’est que M. Boutin était séquestré au moment où il a été tué
, a poursuivi Me Landry. Dans les deux cas, il faut prouver l’intention dans la tête de l’accusé de tuer ou de causer des lésions de nature à causer la mort et ne pas s’en soucier.
Le meurtre au deuxième degré consiste à commettre un acte illégal dangereux qui cause la mort de la victime, en ayant l’une ou l’autre des intentions requises pour qu’il y ait un meurtre, soit l’intention de causer la mort de la victime ou l’intention de causer des lésions corporelles à la victime en sachant que ces blessures sont de nature probablement à causer la mort
, a énoncé le juge.
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